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«La scène pourrait être filmée par Jim Jarmush. En arrière plan une foule comme dispersé en autant de petites conversations de deux trois personnes. A droite un écran diffusant un long plan séquence pris à bord d’une voiture sur une route dont le paysage se limiterait à une absence totale de vie. Au premier plan, sur une chaise, semblant n’intéresser personne un homme distille des arpéges de guitare comme si l’air se faisait pesante et que l’on ne se permettait pas de bouger. La situation installée, il ne restait plus qu’à épurer encore plus et de faire rentrer le musicien dans l’écran et de lui donner le rôle principal. Le son devait prendre le pas sur l’image, ne suggérant que ce que l’auditeur voudrait bien y voir. Et ainsi de suite, comme une ritournelle. Touriste dans son propre disque, Silencio joue pas sur le mal être d’être à ce moment au milieu de gens, il suggère juste que l’on pourrait vouloir être autre part, sans signifier que cela soit la conséquence d’un malaise. Le bruit n’est pas une suggestion il se veut opportun mais pas dévorant, il est le meilleurs ami de Silencio au milieu de tout. Where you are and where you want to be est le contenue d’une poche, entre monnaies et coquillages à qui l’on propose de se promener de la main droite à la main gauche, on le garde à la fois par nécessité mais aussi par posture esthétique. Silencio a le don de nous faire divaguer. Moteur.»

Where you are and where you want to be review, A Découvrir Absolument webzine, August 2007.

«Avec un titre vagabond, interrogatif et dubitatif pareil, rien d’étonnant à ce que Silencio ait puisé son inspiration dans les ambiances cosmopolites d’Oslo, Copenhague et Berlin. Régulièrement parcouru de samples environnementaux captés dans ces villes-titres, l’album révèle un profond sens de l’observation, de la contemplation aussi, de la part de leurs géniteurs. Ceux-ci s’attachent à retranscrire des sensations, des émotions, puis à les laisser se développer tranquillement, venant poser sur une trame ambient de délicates mélodies émanant de guitare, piano, mélodica et glockenspiel. Eprises de liberté, et aux résonances éparses, ces mélodies semblent indissociables des nappes et manipulations digitales qui les soutiennent. Where you are and where you want to be et ses 3 longs actes (s’étirant entre 11 et 18 minutes chacun) induit chez l’auditeur ce qui a vraisemblablement été ressenti par Julien et Nicolas à l’occasion de leurs pérégrinations, à savoir le déracinement et l’éloignement. Silencio, comme un hommage au silence, cette notion impalpable et primordiale, sans qui les notes seraient dénuées de sens et de valeur.»

Where you are and where you want to be review, Onde Fixe webzine, August 2007.

«Silencio est un duo de marchands de sable. Composé de Julien Demoulin et Nicolas Lecoq, ce projet musical tourné vers les ambiances invite l’auditeur en un voyage en trois escales : Oslo, Copenhagen, Berlin. Mêlant sonorités électroniques, instruments acoustiques et field recordings, il sème au bord des yeux des grains de sable magique. Pas celui qui endort mais celui qui emporte, prompt à la rêverie. Des voix, des samples, des bruits familiers et des langues étrangères nous offrent à découvrir ces paysages urbains. De ces espaces ville, ils font de longues plages sonores, étendues, calmes et contemplatives. Un vent chaud chargé de sable souffle sur les cités jusqu’à parfois envelopper et étouffer les cris, les bruits, les foules. Par soubresauts, ils ressurgissent ça et là à travers des rires, des paroles, des sons, avant de s’évanouir à nouveau, laissant la place aux rêves impressionnistes. Profitez de l’été, écoutez en voyage ces trois pièces d’évasion pour un regard sublimé sur la ville / ces villes.»

Where you are and where you want to be review, Indietronica webzine, August 2007.

«L’approche musicale de Silencio est hautement philosophique et la corrélation entre le pseudonyme du groupe et leur démarche artistique est évidente. Les deux Lillois s’emploient ici à théoriser le silence et donnent à cette « Absence » une existence des plus émouvantes. Traiter du silence par la musique est un paradoxe en soi fascinant, car l’un n’existe pas sans l’autre. Le vide de bruit peut revêtir diverses formes selon l’endroit où l’on se trouve : le silence de la campagne, tellement intense qu’il peut devenir dérangeant, ou celui des villes, jamais total et parfois rumeur rassurante. Silencio se penche plus précisément sur le bourdonnement des villes. Les trois uniques et longs morceaux de where you are and where you want to be - Oslo, Copenhagen et Berlin - sont autant d’odes sonores à un environnement de prime abord hostile. Chaque titre débute par des enregistrements qu’on dirait issus de ces grandes métropoles et se métamorphose en une sublime mélopée, nous signifiant ainsi qu’il y a une mélodie en toute chose si l’on prend le soin d’écouter. La lenteur des harmonies et le mimétisme des notes sont tels que le bruit et le silence se chevauchent de manière subtile. Les arpèges prennent plus d’amplitude quand ils sont situés entre deux moments de pause, et vice versa. Signés sur le label canadien Music Made By People, Julien Demoulin & Nicolas Lecocq pourraient être la réponse française à Pan American. Ils ont en commun ces magnifiques atmosphères tout en mélodies et partagent un goût assumé pour la contemplation.»

Where you are and where you want to be review, Hi-Nu webzine, August 2007.

«Conçu autour de trois longs morceaux, Where You Are And Were You Want To Be s’apparente volontiers à un voyage sonore riche d’ambiances. Ce troisième album du duo français Silencio (à la base du projet, Julien Demoulin a été rejoint par Nicolas Lecocq dès le deuxième album Grünezeit) ouvre des portes nouvelles à leur musique, qui quitte les terres éthérées de son prédécesseur pour plonger dans un monde habité, faisant appel à bon nombres de fields recordings et autres témoignages sonores glanés ci et là, lors d’un séjour allemand. Les deux garçons bâtissent finalement autour de leurs instruments (une guitare, un piano, un mélodica, un glockenspiel), présents souvent un à la fois, pour des mélodies minimales, de véritables histoires ou scènes sonores (selon la niveau d’imagination de son auditeur) : des sortes de créations radiophoniques ambiantes et vivantes, usant pour ce faire des enregistrements aériens décrits ci-avant - évoquant le ville et les hommes qui y agissent -, et le coup de main du violon de Florence Bizette ou la voix de Asa Bergem. Résultent de ce travail de création, qu’on imagine volontiers conséquent, ces trois compositions en forme de soundscapes à tendance mélancolique et rêveuse, qui sonnent comme un doux écho du Quiet City de Pan American. On y déniche même, au milieu de Copenhagen, un remix d’Amute (du titre Les Larmes Du Mois D’Août), parfaitement intégré, presque invisible. Un témoignage irréel et géographique, empreint de beaucoup de sensibilité.»

Where you are and where you want to be review, Autres Directions webzine, August 2007.

«If one thing cannot be said about Silencio, it’s that they are afraid of discovering new fields with each release. 2004’s "Sehnsucht," the first solo release by Julien Demoulin, was a somber and harsh electronic hour that was reminiscent of some late :Zoviet*France: records. 2005’s "Grünezeit," a duo with Nicolas Lecocq, was like Labradford gone romantic. This year the duo is again opening new doors. With its title hailing as a reference to a On the Might of Princes record, "Where You Are and Where You Want To Be" keeps Grünezeit’s romantic spirit, but dilutes it with field recordings of diverse European locations, poem readings, and all kinds of sonic remembrances from travels that completely changes Silencio’s music. The result is three, dreamy but not mellow, melancholic but not dark, 15-minute tracks; each divided into a few parts, which gives a slight narrative feeling to what at first listen seem like radical, long pieces that are not afraid to deal with silence and pauses. It seems like Silencio feels much more at ease with these longer formats and "Where You Are..." definitely sounds like their best record so far. There’s a really strong feeling coming out of it, with these field recordings and drunk people transforming, unnoticed, into ethereal acoustic guitar moments, just like when the raw experiences of travelling slowly fade into idealized memories.»

Where you are and where you want to be review, Foxy Digitalis webzine, May 2007.

«Given that Where You Are And Where You Want To Be’s field recordings were taped on location and that its three long settings are titled “Oslo,” “Copenhagen,” and “Berlin” (the album itself was recorded in Frankfurt in August 2006), it hardly surprises that the new album, Silencio’s third full-length and first North American release, so strongly evokes geographical space. As Julien Demoulin and Nicolas Lecocq demonstrated on 2005’s Grünezeit, the duo possesses a talent for crafting becalmed soundscaping—the closing minutes of “Oslo,” with its delicately calibrated arrangement of piano, guitar, and electronics, is especially lovely—but a generous portion of the disc’s content is given to field recordings. Most are aural documents of public settings where speaking voices are heard surrounded by the ambient noise one associates with a busy train station or city street. Demoulin and Lecocq weave the disparate sound sources—glockenspiels, piano, organ, found sounds, pastoral acoustic guitar—into scenic, wide-ranging journeys that guide one through peaceful countrysides and hyperactive metropolises. However compelling the separate elements are as fragments, they assume greater force when arranged into the three long-form settings, with elements at times alternating and at other times assembled into densely layered constructions. The pieces unfold organically and unhurriedly, and the duo admirably treats the material with patience and restraint. Among the album’s more memorable moments is the sleepy instrumental coda in “Copenhagen,” which gives Florence Bizette’s mournful violin an affecting spotlight, and the intro to “Berlin,” which manages to be both meandering and magical, perhaps because it transcribes so convincingly stream-of-consciousness into aural form. If there’s one thing about the album that becomes repetitious, it’s Silencio’s tendency to end each piece with ambient placidity—not that that in itself is so terribly objectionable.»

Where you are and where you want to be review, Textura webzine, May 2007.

«Une citation de l’écrivain canadien Jean Ethier-Blais dit : « Musique. Art du silence. » Silencio, alias Jul et Nicolas, met tout son art au service d’une musique ambient minimaliste, d’une electronica glitch lunaire. Where you are and where you want to be est un voyage sonore qui nous emmène à Berlin, Oslo, Copenhague. Leur musique, décrite comme une marche dans une ville déserte, est remplie de vie, de sensations et de vibrations : discutions sur le quai d’une gare, rires, cailloux qui s’entrechoquent… Le tout est accompagné de longues notes de synthé, de quelques accords de guitares, d’effets sonores éthérés. La mélodie nous enveloppe alors, telle une bulle protectrice, loin des agressions extérieures de la ville.»

Where you are and where you want to be review, So’Chic Magazine, March/April 2007.

«The nine delicate, quasi-ambient soundscapes comprising Grünezeit invite comparison to works like Kompakt’s Pop Ambient series and Marsen Jules Herbstlaub. Silencio’s album departs from such company, however, by favouring organic development over loops; if anything, the group’s sound gravitates more towards Harold Budd’s, with the delicate piano ripples in the eleven-minute closer “The Day You Died” strongly reminiscent of his style. Though piano and guitar sounds dominate, Julien Demoulin and Nicolas surround them with a broad array of field sounds, voices, vibes, and strings. The mournful cry of a violin wafts through the contemplative “Memorandis,” for example, while a churning machine rhythm adds industrial dirt to the stately piano themes of “Tumbleweed.” Highlights include “June,” where softly glimmering, Satie-like chords are joined by the faint echo of vibes and violin, and “Like a Friday Night in La-la Land,” where a ponderous setting of piano and vibes in the first half is coupled with a beautifully haunting ambient episode in the second. Grünezeit is a lovely collection whose peaceful quietude (song titles alone—“Sleep It Off” and “The Day You Died”—suggest the music’s becalmed character) belies the careful attention to detail Silencio lavishes upon its material.»

Grünezeit review, Textura webzine

«J’avais beaucoup aimé le premier album de Silencio : ‘sehnsucht’ et sa capacité à attraper petit à petit l’auditeur. Cette fois, c’est encore plus rapide. Si le précédent album donnait dans des couleurs de crépuscule, cette fois, c’est le printemps et la mise au vert qui sont à l’honneur. Beaucoup de mélodies et des textures héritées des glorieux Harold Budd et autres David Sylvian. Ce n’est pas de la musique d’ameublement comme un papier peint passe partout. Au contraire, tout l’espace est rempli avec luxe, calme et volupté. Pas de danger de s’ennuyer (gangrène de l’ambiant), les morceaux évoluent dans le temps comme dans le très réussi « like a Friday night in la-la land », évoquant les plus belles pages du petit Eno illustré ou du Mark Hollis dans le texte. Beaucoup d’influences certes, mais digérées et parfaitement mises au service de paysages sonores où l’on se perd avec délice. Et que soit pendu par les tripes dans le vent mauvais celui qui me dit que c’est du new age.»

 Grünezeit review on Grand Rock webzine

«Le premier opus de Silencio, identité musicale du fondateur d’Eglantine Records (parue chez Grand Téton), nous est inconnu. Abordé précédemment seul, Silencio est devenu duo. L’arrivée d’un second musicien a évidemment modifié la donne : selon leurs dires, la de Silencio y aurait gagné en mélodies.
Grünezeit nous dévoile un univers familier fait de paysages sonores flottant, pas tout à fait immobiles mais néanmoins ambiants, parfois un brin post-rock. On y trouve des bruits familiers et quotidiens (voix, piaillements d’oiseaux, vent et bien d’autres enregistrements aériens), surtout de la guitare et du piano, un peu de glockenspiel, du violon... Les instruments sont noyés dans une atmosphère, comme mis en scène. Chacune des neuf longues compositions se développe lentement et dégage une atmosphère particulièrement forte : mélancolique, douce, lascive, apaisante. Il y a beaucoup du Labradford là-dedans : le côté ambiant aquatique, cérébral, détaché et voyageur, mais aussi du Matt Elliott : les notes déchirantes, la mise en place mélodique. On pense à Brian Eno, Flying Saucer Attack, Dead Texan, Pan American ou Loscil. De belles références, bien maîtrisées.
En quatrième position, Tumbleweed donne une teinte plus sombre et élargit la palette avec sa rythmique mécanique ; Sleep It Off nous emmène plus loin flirter avec des claviers angéliques. Le traumatique The Day You Died en fin de course change le canevas structurel des compositions de Silencio en ne trouvant sa vitesse de croisière qu’à mi-course et clôt Grünezeit sur une touche plus intime. Malgré sa production parfois perfectible, ce deuxième disque de Silencio nous ravira, fans que nous sommes de voyages sonores, contemplations mélancoliques et introspections hivernales. Et, on l’espère, augure de futurs plus personnels encore.»

Grünezeit review, Autres Directions webzine

«Silencio est à la base le projet solo du lillois Julien Demoulin du label Eglantine Records. L’album précédent "Sehnsucht" sort en juin 2004 sur le label parisien Grand Téton. Puis Silencio est devenu un duo avec l’arrivée de Nicolas. Et sort ce second LP sur le label belge Carte Postale Records.
Les ambiances de ce second disque sont plutôt tournées vers la mélancolie. La bio nous indique qu’il apparaît plus mélancolique que le premier essai de Silencio. Pour autant, il est toujours "filmique, glauque et touchant". Hum... Glauque ? Je ne sais pas... Penser à des gens morts quand on fait l’amour, ça c’est glauque. Mais la musique de Silencio n’est pas glauque. Elle est belle. Triste parfois mais belle. Le duo développe des ambiances souvent dépouillées dans lesquelles se succèdent des instruments ou des sons divers et variés qui décrivent poétiquement des paysages. Comme si l’auditeur était dans un train un peu surréaliste qui traverse des contrées non moins surréalistes. Musicalement, on pense aussi à Pan American et plus à un côté ambient avec une culture rock que réellement post-rock. Du détail. La musique de Silencio est un hommage au silence. Elle coule, elle flotte, elle se glisse et nous emporte. Les quelques jeux panoramiques attisent les sensations d’escapade. Voyage en première classe.»

Grunezeit review, Indietronica webzine

«Si le premier album de Silencio (sehnsucht sur la structure Grand Téton) laissait entrevoir une musique ambiant et abstraite moyennement réussie, dans la lignée des bandes originales des films de David Lynch, ce nouvel album marque une nouvelle étape dans la discographie de ce projet solo devenu duo.
Seul aux commandes du premier lp, Julien Demoulin (patron du label Eglantine records) se voit ici secondé par Nicolas, pour un disque qui rappelle les musiques spatiales d’un Brian Eno ou d’un Harold Budd ou plus pus récemment celles de Sylvain Chauveau ou One Mile North.
Si ce Grüneziet poursuit le travail entrepris sur sehnsucht, on note néanmoins une réelle progression dans la qualité des compositions et dans les arrangements. Avec cette fois-ci 9 titres de toute beauté qui prennent le temps de s’installer dans une forme de calme et de tranquillité imperturbable.
Avec des notes de piano qui s’égrènent tout doucement à travers des mélodies simples et belles, des cordes délicates et des sonorités numériques discrètes, l’album affirme une grande profondeur et fait ressortir un vrai talent, celui de susciter chez l’auditeur bien des d’émotions.
A coup sur un des grands disques du genre pour cette année 2005.»

Grünezeit review, Ondefixe webzine

«Un peu plus d’un an après Sehnsucht, premier album de Silencio, voici Grünezeit qui sort cette fois chez Carte Postale Records. Silencio est désormais un duo, Julien Demoulin ayant été rejoint par Nicolas Lecocq début 2004. Une arrivée qui a changé les choses et ouvert Silencio aux mélodies.
Si le récent concert de Silencio au Project 101 laissait entrevoir le changement, on restait globalement dans un univers ambient assez sombre, avec parfois quelques mélodies éclatantes. Ainsi l’album s’ouvre sur June qui servait également d’introduction au concert. On comparait alors ce titre à du Brian Eno période Musique for Airports, et nous confirmons ici : piano lent, notes éparses mais mélodie bien présente. En guise de liant, ce qui semble être un accordéon discret, quelques résonances lointaines, cliquetis rythmiques puis une guitare vient prêter main forte. Le très joli Hindsight sort un peu du lot et se rapproche du post rock avec sa mélodie répétitive de piano et sa superposition régulière de nouveaux éléments (tintements électroniques, timbale, résonances) dont un rapide égrenage de guitare pour une belle montée façon post-rock épique tout en restant acoustique. L’accent est alors mis sur la beauté des sons, cette montée reste maîtrisée, l’énergie canalisée.
Pendant un temps on pourrait croire à un retour aux sources avec l’intro sombre et dense de Memorandis, mais les nappes lancinantes et notes éparses reviennent pour un titre rêveur avec guitare et violon plaintif. Et on en vient à regretter le changement assez radical au profit non pas d’une certaine légèreté, mais d’une mélancolie toc, une béatitude irritante. C’est joliment fait, soigné, mais peut-être trop bien fait pour sonner vrai (ou juste) et quelques nappes grésillantes ne suffisent pas à rendre 00:44 authentique. Le Beau ne justifie pas tout et estompe même ici toute émotion. Et si la frontière entre ambient et new-age est assez ténue, elle semble malheureusement franchie avec Sleep It Off. Après ce passage à vide, Like a Friday Night in La-La Land apparaît presque comme une bénédiction : style plus franc, voire cassant (rupture nette d’une nappe par une note de piano) et contrasté avec un piano grave et des éléments électroniques plus clairs pour un très beau retour mélodique. L’album se termine par The Day You Died, titre de près de 11mn qui commence très bien, une mélodie sensible, comme de petites bulles qui éclatent, et le piano prend le relais à mi-parcours afin de terminer l’album comme il a commencé.
Après un premier album sans concession, très personnel, d’une approche peut-être un peu difficile, rugueux parfois, Silencio signe un deuxième album parfois un peu trop lisse. De très beaux morceaux, mais aussi un joli passage à vide en milieu de parcours. Espérons que dans le prochain album ils parviendront à marier leurs deux univers. »

Grünezeit review, Ether real webzine

«Il y a un an, le lillois Julien Demoulin a.k.a Silencio, également aux manettes du label Eglantine Records, nous surprenait avec "Sehnsucht", un album d’électro-ambiant bruitiste, sombre, cinématographique, mélancolique, intime, parfois inquiétant et un peu aride. Un résultat très bien accueilli par la critique et suivi par un public d’initiés.
Or pas mal de changements sont intervenus dans la vie du bonhomme… Julien a rencontré Nicolas et Silencio est devenu duo. Julien est parti pour l’Allemagne et quelques dates se sont enchaînées en Europe… Autant d’évènements qui ont perturbé la création de ce nouvel opus, "Grünezeit", qui sort aujourd’hui sur le label belge Carte Postale.
Sans doute plus mélancoliques, les éléments de base de ces constructions se sont ‘musicalisés’. On retrouve ainsi à l’origine d’un travail très contemplatif, une guitare, un piano qui lui donne une touche particulièrement apaisée, rappelant alors la musique de certains artistes nippons… ou quelques groupes de Chicago que l’on aurait privés de batterie.
Plongé à nouveau dans des pensées profondes, les choses paraissent pourtant plus claires comme dans un cocon, baignant dans une substance chaude et lumineuse, qui répare minutieusement les attaques de la vie. On se prélasse, on chuchote autour de vous, tout est perçu dans un demi-sommeil.
Les errances de Silencio sont comme des rayons de soleil qui éclairent un cours d’eau à travers les branches d’un arbre au printemps… On se réjouit alors des merveilles de la nature. Même s’il n’est qu’électronique, "Grünezeit" en fait aussi partie. Attendez un peu que Silencio tombe amoureux…»

Grünezeit review, Indiepoprock webzine

«Julien Demoulin, uno dei principali responsabili dell’Eglatin Records, ritorna dopo l’album di debutto ’Sehnsucht’ (sulla label parigina Grand Téton) questa volta allargando il progetto all’apporto di Nicolas Cette pubblicando su Carte Postale. Piano e chitarra, atmosfere intrise di melodiosi accordi, fra post-rock e ambient acustico, rendono questa produzione particolarmente allettante per gli amanti delle sonorità rarefatte, davvero chill out e un poco melanconiche. L’andamento è lineare e riporta alla mente progressioni filmiche, toccando con accortezza le corde di una musicalità sensibile e fortemente visiva. Sono nove i brani in scaletta, con tempi dilatati, sospensioni e poi lunghissime riprese, evoluzioni elegiache solo in parte ibridate da registrazioni ambientali (un treno che passa, in ’Memorandis’) o da tonalità più cupe e minimali (la successiva ’Tumbleweed’), sempre riportate a più risonanti ed armoniche evoluzioni. Nel complesso tuttavia la prova è più che soddisfacente.»

Grünezeit review, Neural webzine

«Si Sehnsucht peut évoquer, littéralement, le manque, musicalement se sont les repères qui demeurent absents. Conjuguant sans préjugé l’ambient, l’expérimental et la musique concrète, cet album flirte parfois avec la nudité.
Parce qu’il est direct, sans détour, totalement exempt de censure ou de perfection, il laisse derrière lui une impression troublante d’intimité. On aimerait s’accrocher à un rythme, quelque chose de simplement répétitif, mais c’est inutile. Sehnsucht est une chute. Une chute inexorable qu’il convient d’exorciser par un moyen ou un autre, et pourquoi pas la musique. On y ressent une recherche bornée d’extrêmisme, sans violence, sans cliché. Une simple mise en exergue brutale mais sans bruit. Car même si rien n’est "beau", rien n’est laid non plus. Il n’y a pas de sous-entendu, pas de message à délivrer, rien à prouver, rien à perdre. Entre le silence et une certaine forme de musicalité, se trouve un espace inconnu dont les limites ne s’imposent jamais, puisque totalement dépendantes de celui qui s’y aventure.
Lorsqu’elle tourne sur une platine, cette production rappelle des moments que chacun peut et veut (parfois) éprouver. Quand la douleur nous appelle à plus de douleur, lorsque le vide nous appelle à plus de vide. Quand la nuit règne, alors même que le corps devient inutile, l’esprit lui n’obéit qu’à la demande. La suggestion, voilà peut-être le secret qui permet aux uns de maintenir l’équilibre entre ce qui doit être accepté et ce qui ne doit pas l’être, et aux autres, la possibilité d’assimiler une émotion, jusqu’à l’accoutumance, afin de mieux l’admettre et par la suite la dominer. Et même si la tentation de juger cette forme de partage s’impose d’elle-même, libre à nous de la laisser résonner ou non. On ne peut pas vraiment reprocher à SILENCIO un quelconque manque de sincerité car ses morceaux ne sont que des interprétations libres d’une charge émotionnelle qui n’a que faire de l’esthetisme, de la ressemblance ou de l’affiliation pure et simple.
Nappes profondes, opaques, incursions électroniques fugaces ... Difficile de faire plus nihiliste. On croirait entendre la bande-son d’un rêve, ou d’un cauchemar selon l’envie. Et si en fait, ce n’était que l’harmonie disgracieuse du réveil, de l’imprégnation quotidienne de la réalité ? Parfois la tension monte et provoque des fissures dans la continuité durant lesquelles des sonorités rugueuses s’échappent, comme projetées vers l’exterieur. Parfois le temps s’étire sur une note grave, onduleuse, dont la couleur sombre ne permet pas d’échapper. C’est alors, et contre toute attente, que Sehnsucht se conclue sur sa seule et unique approche mélodique durant 1025 et Les Larmes du Mois d’Aout, qui s’échangent la douceur d’une fin propice à l’oubli. Scintillement cristallin, presque enfantin pour le premier titre, puis harmonie discrète pour le second, qui malgré une imprégnation nette par un sentiment de tristesse, semblent faire le deuil de la souffrance qui n’a cessé de dicter son pouvoir tout au long du cd.
Un premier essai très "dur". Si personnel qu’il peut eventuellement provoquer une certaine torpeur. Seule une approche atmosphèrique était capable de produire ce type d’émotion. Et si Jul parvient à toucher l’auditeur d’une façon aussi nette, il faut saluer son talent, délibérement inné.»

Sehnsucht review, dMute webzine

«Au départ je me demandais pourquoi Pablo (le pilier de Grandrock qui dispatche les disques, et objet du désir de ces dames) voulait que je parle d’un disque d’ambiant sorti de nulle part. Et j’ai trouvé ! Il a pensé au grand fan de Pink Floyd que je suis. Et que trouve t-on sur le premier disque de Silencio ? Un sample du titre « welcome to the machine », issu de l’album ‘wish you were here’ (30 ans déjà).Ca suffisait déjà à aiguiser ma curiosité, condition sine qua non pour se farcir un album quasiment sans mélodie ni paroles, ni rythme. Je mets donc le cd dans mon lecteur et pars me promener parmi les meilleurs amis de Pulp, les arbres. C’était donc parti pour un trip. Je saurais pas définir quelles parties du cerveau ces plages sonores parviennent à atteindre, mais c’est rapidement envoûtant. Et je me surprend à appuyer sur la touche ‘replay’, pour réécouter ces plages mouvantes, parcourues de bruits souvent non identifiés, de touches de guitare ou de saxo, avec de remarquables jeux sur la vitesse et les répétitions (‘pétales’). On a même droit à une joueuse de Glockenspiel, instrument évoquant la magie depuis qu’un certain Mozart l’a utilisé dans ‘la flûte enchantée’.
A voir la pochette, on croirait plutôt un disque de pop. ‘Sensucht’ n’est donc pas à ranger avec les expérimentations bruitistes nombrilistes et chiantes, ni avec les furieux de l’industriel mais plutôt du coté du post-rock comme l’indiquent les boucles de guitare des ‘larmes du mois d’août’ digne de Sigur Ros ou même Robert Fripp. Un certain Jul est derrière ce disque. On n’en saura pas plus à la lecture de la pochette, sauf que je peux ajouter qu’il vient du nord de la France. Mais il est pas impossible qu’on retrouve le bonhomme illustrant un jour un court ou un long métrage, tant sa musique évoque des images.
Pas le meilleur disque pour animer une soirée barbecue entre amis, mais une expérience très agréable en solitaire. Par contre, si tous vos amis aiment ça simultanément, c’est qu’ils ne devraient pas prendre le volant…»

Sehnsucht review, Grand Rock webzine

«Grand Teton est un micro label français qui s’efforce de promouvoir des artistes inconnus du grand public via une distribution à hauteur de leurs moyens. Les webzines sont donc un rée moyen de faire passer leurs messages. Si les deux premières sorties ne nous ont pas emballé, cet album de Silencio a plus retenu notre attention. « Sehnsucht », un titre en allemand pour un disque d’electronica expérimentale bruitiste…logique….
On se croit plongé dans l’univers d’un film muet et glauque. On voit des images qui sautent…une campagne froide, des endroits instables et inquiétants. Les collages de sons de Silencio font peur. Ils jouent avec l’angoisse et le stress. Un bruit en cache toujours un autre. A peine habitué à une boucle, vous vous retrouverez la tete en bas, pleines de bruits bizares. Ce disque correspond à une ambiance, un état d’esprit bien particulier. Inutile de l’ amener à la soirée d’anniversaire de votre ami si vous ne voulez pas plomber l’ambiance. Ne le faites peut être pas non plus écouter à votre mère si vous ne voulez pas vous retrouver dès le lendemain assis dans un fauteuil face à un barbu. Dans les autres cas, vous pouvez tester votre personne avec ce disque. Ecoutez le entier et voyiez si vous en sortez indemne…»

Sehnsucht review, Liability webzine

«Silencio, un ch’tit gars du nord qui a monté le label Eglantine Records et a sorti un split avec Kaneda dont nous avions déjà parlé ici. Ils nous revient ici avec son premier album chez les dépressifs du Grand Téton. Ce n’est pas une secte (quoique...) mais un jeune label parisien qui s’ouvre ici sur un autre style après deux concept-album de Donna.
Sehnsucht se base sur une lente évolution, on parlera même de progression, puisque petit à petit, chaque morceau se révèle de plus en plus construit et maîtrisé. On n’est d’abord pas trop surpris par les premiers morceaux qui correspondent à ses précédents travaux que l’on avait pu entendre sur une démo ou encore sur son split avec Kaneda. Une musique ambient sombre donc, à base de ronronnements graves, sourds, hantée par des samples de voix passés au ralentis et des bruits mécaniques qui font penser à la respiration de machines sur #. Une musique post-industrielle, une planète ravagée ou les machines ont pris le pouvoir et ou les hommes sont revenus à l’état sauvage si on en juge par les voix trafiquées qui nous font plutôt penser a des hurlements de loups sur ce même morceau.
Heureusement on sort parfois de cette atmosphère claustrophobe, jouant sur une répétition de notes sur l’intéressant mais un peu long Pétales, flirtant avec des expériences électroacoustique (Doutes), un free jazz futuriste sur Kobenhavn, ou en retrouvant un peu d’humanité grâce à des voix extraites de films. Une appropriation qui nous paraît naturelle tellement la musique de Silencio se prête aux images.
Le dernier tiers de l’album aborde une autre approche de la musique. Si l’on y retrouve les mêmes traitements électroniques, ceux-ci se retrouvent enveloppés dans un doux cocon de nappes de cordes ou de guitares. Des éléments mélancoliques à souhait, mais aussi un retour à la lumière, à la vie, avec des samples de bruits de foules style hall de gare (Alodiélo) ou fête foraine sur 1025, fruit d’une collaboration avec Coco, moitié de Melmac, au glockenspiel. On finira de décoller avec Les Larmes du Mois d’Août, magnifique et subtile pièce ambient à base d’un drone de guitare, avec un rappel électronique pour terminer.
Un début d’album fidèle à ses premiers travaux, un final enthousiasmant et prometteur. Un disque pour accompagner vos longues nuits d’insomnie, mais qui risque de ne pas vous aider à trouver le sommeil...»

Sehnsucht review, Ether real webzine

«C’est une musique d’ambiance(s) infiltrant les recoins les plus inaccessibles de notre inconscient, le hantant de manière insidieuse. Une traversée lynchienne de territoires ultra-magnétiques où la moindre vibration peut donner naissance à un nouveau dédale anxiogène. D’inquiétantes boucles donnent naissance à des textures insondables, masses épaisses parcourues de frissons étrangement réguliers, sporadiquement secouées de spasmes dolents ou violents. Quelques résidus numériques sillonnent d’antiques souffles râpeux et fiévreux, traces acoustiques des fantômes errant de nos mémoires électroniques ; d’humaines voix nous chuchotent leur message nébuleux (à moins qu’elles ne l’adressent aux fantômes eux-mêmes…). Projet d’un seul homme, Silencio s’ancre en nos mémoires de manière durable par sa musique qui refuse une certaine idée positive de la naïveté : l’optimisme égrillard, ironique et moderne ne fait pas partie de sa palette de pigments, sans pour autant que cette dernière ne constitue le terreau . Notons au passage que la dimension minimale de l’ensemble (pas de brassage pléthorique de fichiers audio) tend à établir un lien avec l’histoire de l’ambiant. L’aspect aléatoire des surgissements au sein d’une esthétique générale crépusculaire engendre une réelle tension, laquelle s’accumule et fluctue au fil des différents morceaux, incarnations fraternelles d’une même obsession. Finalement, cette tension sera livrée à la catharsis d’une plage plus ambivalente, la pénultième 1025 où flotte l’éclat à la fois tragique et enfantin du glockenspiel d’un invité bien choisi (Coco, du groupe Melmac). Les larmes du mois d’août, le dernier morceau, capitalisera les séquelles pour leur donner forme d’épilogue, langoureux, apaisé. Nostalgique… (sg)»

Sehnsucht review, Facteur4 webzine

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